(Photo: gracieuseté)
Sokoun Trio: une soirée digne des Mille et une nuits
Une chronique culturelle de la journaliste citoyenne Yolande Naggar
Sokoun veut dire «quiétude» en langue arabe. Sokoun Trio est un nouveau groupe de trois musiciens aux multiples talents originaires de Tunisie et du Liban. Leur mariage s’est produit lors de leur interprétation instrumentale de la comédie musicale Sherazade, les Mille et une nuits, sous la direction de Guy St-Onge.
Dans une atmosphère chaleureuse de la salle La Tulipe de Montréal, le 12 novembre dernier, Zied Ben Amor, Joseph Khoury et Mohamed Masmoudi nous ont livré une haute performance musicale avec humilité et simplicité. Chacun d’eux, doté d’une impressionnante dextérité, joue passionnément divers instruments de musique traditionnelle arabe. Zied à la voix et au violon, Mohamed sur deux types d’oud (luth arabe) et Joseph aux percussions, nous ont délicieusement transportés dans leur univers particulier de sons orientaux, aux teintes multiculturelles.
Sur les tables, les chandelles semblaient danser au rythme de leur musique envoûtante. Dans une salle comble, nous les membres de l’auditoire, suivions allègrement la cadence en tapant des mains ou en bougeant nos corps. Sous les projecteurs aux couleurs chaudes, entourés d’un amas de fumée artificielle, les musiciens nous jouaient leurs émotions, tantôt avec nostalgie et profondeur, tantôt avec gaieté. Très peu bavards, surtout naturels et sympathiques, ces trois musiciens nous ont littéralement captivés.
Zied nous disait pendant le 5 à 7 avant le spectacle, que la ligne directrice du groupe comporte deux aspects importants, soit le respect de ses racines musicales et la bonne entente entre les musiciens. Ainsi, après nous avoir livré plusieurs de leurs compositions, Zied s'est s’adressé au public en disant : « Avant d’être des compositeurs nous sommes des musiciens, avant d’être des musiciens nous sommes des amoureux fous de la musique, c’est avec plaisir que nous vous présentons maintenant la musique avec laquelle nous avons grandi ». Ils ont ensuite poursuivi avec des mélodies qui les ont inspirés. En effet, nous pouvions bien sentir, pendant cette magistrale prestation, la complicité et le plaisir partagé des trois musiciens pour la musique traditionnelle de leurs pays respectifs.
Autres questions de l’entrevue avec Zied Ben Amor lors du 5 à 7 :
Yolande Naggar: Que souhaitez-vous que le public retienne de votre performance de ce soir et à l’avenir?
Zied Ben Amor : Une meilleure appréciation de la musique orientale ici au Québec et internationalement.
Yolande Naggar: De façon plus générale maintenant, quel conseil donneriez-vous à de jeunes musiciens qui veulent percer?
Zied Ben Amor : Ne pas brûler des étapes et réaliser le plus d’expérience de scène possible. Malgré des études dans divers conservatoires de musique, sans les expériences que nous avons vécues dans des cafés bars et des restaurants, nous n’aurions pas autant d’aisance sur scène.
Sokoun Trio nous a presque fait oublier, en cette soirée du 12 novembre, qu’il lançait son premier album
Zanneh, ce qui veut dire Drone (en anglais, un drone désigne aussi un faux bourdon (mâle de l'abeille). Le nom a été donné dans les années 1930 au Royaume-Uni par dérision à des "Queen Bee", version automatisée de DH.82 Tiger Moth afin de servir d'avions-cibles : leur vol bruyant, lent et paresseux ressemblait plus à celui du bourdon à la vie éphémère qu'à celui d'une reine abeille...Le nom de drone est resté. (Tiré de l’encyclopédie libre Wikipédia). Espérons pour les fans que Sokoun Trio, ne sera pas éphémère, et qu’il continuera de provoquer des explosions d’émotions, pour le plaisir de nos sens, encore longtemps.
Nous pouvons certainement affirmer, mission accomplie, pour Sokoun Trio. En dépit de la présence de quelques admirateurs, ils ont certainement gagné le cœur de l’ensemble de l’auditoire lors du lancement de
Zanneh. Ainsi, le public n’a pas hésité à se lever pour les applaudir, pour les acclamer et pour demander un rappel. Les membres du groupe sont retournés sur scène nous interpréter généreusement, de nouveau, quelques morceaux de leur beau répertoire. Est-ce qu’ils vont sensibiliser le Québec et le monde à leur musique? Certainement, les personnes qui savent apprécier des virtuoses de la musique ou celles qui aiment découvrir des nouvelles sonorités, seront conquises comme nous l’avons été. Nous sommes ravis de pouvoir réécouter leur musique sur CD et de nous laisser emporter librement au rythme de leurs savoureuses compositions. Nous espérons les revoir et les réentendre dans un cadre intimiste, comme celle de la salle La Tulipe. Quelles belles retrouvailles!
Pour découvrir davantage Sokoun Trio, nous vous invitons à visiter leur site
www.sokoun.com.
Yolande Naggar accompagnée de Rose Naggar Tremblay, musicienne
Pierre Pagé
Commentaire mis en ligne le 17 novembre 2009J'ai entendu cet album, Zanneh' à la radio dans mon auto. C'était sublime mais toutes mes recherches sur l'internet pour me le procurer sont restées sans résultats. La journaliste qui a revu le spectacle peut-elle nous l'indiquer?