(Photo: gracieuseté)
Homme autonome de Damien Robitaille
Une chronique culturelle de la journaliste citoyenne Yolande Naggar
Damien Robitaille nous conviait le 18 novembre au Club Soda pour assister à son nouveau spectacle tiré de son tout dernier album
Homme autonome. Personnellement, je ne connaissais pas Damien Robitaille, néanmoins, ce que j’entends de son premier album, L’homme qui ressemble à Daniel Robitaille, via Internet, me semble drôlement plus intelligent en terme de paroles et de musique que son dernier.
En première partie du spectacle, Damien nous a livré une prestation rétro kitch 70’s. Il était accompagné de Guillaume Chartrain à la basse, Alexis Martin à la batterie et François Richard aux claviers. Une section de cuivre (trompette, trombone et saxophone) complétait la formation, avec Jean-Nicolas Trottier, David Carbonneau et Samuel Blais. Gaëlle et Amylie (l’auteure compositrice-interprète) agissaient exceptionnellement comme choriste pour l’événement.
Dans une mise en scène signée Pierre-Yves Bernard (auteur de Minuit le soir, Dans une Galaxie près de chez vous), le coloré Damien Robitaille, nous a surtout ébloui par une incroyable présence sur scène, un sens de l’humour particulier, son séduisant accent franco-ontarien et ses talents incontestables de musicien versatile.
Bref, un personnage attachant qui s’amuse comme un fou sur scène, voilà l’impression qu’il m’a donné. Jusqu’à l’entracte, je croyais assister à l’émission rétro Jeunesse d’Aujourd’hui adaptée pour notre époque. Après avoir été touchée par l’enthousiasme contagieux de Damien et de ses musiciens lors des premières chansons, je me suis vite tannée parce que je trouvais que les mêmes rythmes revenaient d’une chanson à l’autre.
La deuxième partie, plus rock, m’a parue davantage subtile et variée musicalement. De façon générale, j’ai trouvé les paroles des chansons, de son deuxième album, simplistes. De plus, certaines d’entre elles, anciennes ou nouvelles, me paraissaient narcissiques et arrogantes. Les titres en disent long : Mon nom, Je tombe, Mètres de mon être … Cependant, j’ai apprécié les valeurs d’espoir qui y sont véhiculées, particulièrement dans la chanson : Un jour ton jour viendra.
Si Damien est devenu plus autonome, il lui reste certainement du chemin à faire pour devenir plus authentique. Pourtant doté d’une grande sensibilité, je crois qu’il cherche à plaire plutôt qu’à être. Cependant, à trop vouloir plaire à tout le monde, on finit par se perdre…
En première partie: Amylie
En première partie du spectacle de Damien Robitaille, Amylie et ses musiciens, à la guitare, au violoncelle et à la base, nous livrent une belle performance rythmée et agréable à entendre.
Cette auteure compositrice-interprète avance à pas de géant dans le monde de la francophonie, multipliant les premières parties, les spectacles et dernièrement, elle s’est valu une nomination au gala de l'ADISQ en tant révélation de l’année. Nous découvrions avec joie, sa belle musique ainsi que sa voix particulière, sensible et mature qui accompagnait des textes profonds et bien ressentis.
Ceci dit, nous avons tout de même passé une agréable soirée, c’était un beau spectacle. En ce qui concerne le CD, personnellement, je ne le recommanderais pas.
Yolande Naggar