(Photo: François Brunelle)
L’espérance de vie des éoliennes
L’espérance de vie des éoliennes dépeint tout en
douceur et en nostalgie les contradictions du Québec
d’aujourd’hui, un Québec en quête d’équilibre, déchiré
entre l’ombre de son passé religieux et la lumière
aveuglante de ses aspirations technologiques.
Comment, dans un monde moderne, expliquer
l’inexplicable?
L'espérance de vie des éoliennes de Sébastien Harrisson dans une mise en scène de Frédéric Blanchette est présentée dès le 16 décembre, et ce, jusqu'au 6 février,au au Théâtre Jean-Duceppe de la Place des Arts,
du mardi au vendredi à 20 h, le samedi à 16 h et 20 h 30
les dimanches 10 et 24 janvier à 14 h 30.
Au coeur de L’espérance de vie des éoliennes souffle le vent. Il y a d’abord cet air salin de la Gaspésie qui porte en lui l’âme d’une région, une panoplie d’histoires oubliées et la mémoire des gens passés.
Il y a ce vent nouveau qui, lorsqu’il tourne, fait
en sorte que le monde se transforme; ce fameux vent
de changement qui déracine tout sur son passage, arrache
la fondation des choses établies et laisse derrière
lui au mieux quelques souvenirs bien enfouis, tels des repères semés pour la génération qui aura à tout recommencer. Il y a enfin ce vent qui chante tout
doucement la voix d’un peuple bien vivant, ses plaintes
comme ses joies, ses aspirations et ses regrets, son avenir et sa nostalgie du passé.
Dans sa première pièce à être présentée chez DUCEPPE,
Sébastien Harrisson, de sa plume moderne et poétique, pose une question pertinente et actuelle : lorsque le vent tourne et que nous vacillons entre notre passé et notre avenir, que pouvons-nous faire?
Que faire lorsque nos croyances d’antan, profondément
ancrées en nous malgré tout mais qui relèvent du mythe et de la tradition, se confrontent à notre soif de progrès? La croyance actuelle et absolue envers la
science et la technologie ne serait-elle pas seulement
notre foi aveugle en l’Église simplement réinvestie?
Lorsque nous chancelons entre deux mondes, lequel
est le bon, si bon il y a? À ces questions, nul n’est tenu de répondre mais tous sont conviés à y réfléchir grâce à l’écriture unique, imagée et touchante de Sébastien Harrisson.
Racontée par une série de personnages au vécu, aux joies et aux drames bien différents, L’espérance de vie des éoliennes nous plonge dans un espace d’émotion et de réflexion bien privilégié où l’on constate que le vent a tourné et où l’on s’interroge sur ce qu’il a amené de nouveau.