(Photo: gracieuseté-Yves Dubé)
La rencontre
Une critique de notre collaboratrice citoyenne Yolande Naggar
Écrite par Francis Monty, mise en scène par Benoît Vermeulen, audacieusement interprétée par Marc Beaupré, Mathieu Gosselin, Catherine Vidal et Sandrine Bisson, cette pièce aurait très bien pu s’appeler, à mon avis La Rencontre.
Tout d’abord, le public est accueilli par une dame colorée, à la perruque frisée blonde qui se promène dans la salle en saluant et en jasant avec les gens. Toute souriante et chaleureuse, elle me serre dans ses bras, comme si elle me connaissait depuis longtemps, en pointant la scène, elle me dit que ce sont des jeunes qui ont travaillé fort …Lorsque je lui ai demandé « qui êtes vous au juste? » elle m’a répondu tendrement « Je suis la Mère… ». Pendant ce temps, quatre jeunes acteurs sur la scène nous observent et tentent des rencontres du regard. Une fois, le contact établi, ils nous font un sourire et nous envoient la main….Bref, avant même que la pièce commence, la glace se brise, une rencontre a lieu…
Quatre personnages différents, un intellectuel extraverti qui cherche des vérités dans les livres, une étudiante introvertie qui veut s’émanciper, un jeune "yo man" comique, sans abri et sans ambition ainsi qu’une jeune fille qui se promène entre la rue et la maison à la recherche de son souffle, d’une reconnaissance ou d’une liberté…elle ne le sait pas au juste. « Ma mère est folle » crie la jeune fille désespérée à qui veut bien l’entendre. Une Mère tantôt malheureuse, au chevet de sa fille, tantôt perchée dans sa tour d’ivoire, cherchant réconfort dans la danse, le karaoké, l’alcool et le déguisement. Un décor hétéroclite qui sert de support à la quête de chacun des personnages. Au dessus de tout ce monde, une statue de la Sainte Vierge qui donne l’impression qu’elle va tomber sur quelqu’un, particulièrement dans les moments les plus turbulents de la pièce.
Moi qui n’aime pas les situations extrêmes d’habitude, justement, parce que Monsieur et Madame tout le monde ne peuvent pas s’y reconnaître, j’ai été touchée par cette pièce qui m’a fait vivre toutes sortes d’émotions et je me suis attachée aux personnages…Entre le rire et quelques larmes, j’ai eu des moments de tendresse, de compassion et de peur… Ai-je reconnu une partie de la Mère en moi ou des rêves oubliés d’adolescente? Est-ce que j’y ai retrouvé un certain réconfort? Une chose est certaine, c’est que cette pièce intelligente jette un regard amusant sur l’animal, l’intellectuel, le spirituel et le social qui se trouve à l’intérieur de chaque humain. L’espace d’un moment, j’ai décroché de mon train-train quotidien, pour vivre des rencontres et des rapprochements intéressants, à défaut, de trouver des solutions aux maux de l’avant et de l’après l’adolescence. Je suis convaincue que chaque personne qui assistera à cette pièce, sans idées préconçues, y trouvera son compte. C’est une pièce à voir et à revoir! À mon avis, son fond, sera toujours d’actualité.
Bravo et merci à tous les membres de cette belle distribution.
Yolande Naggar, collaboratrice citoyenne
Yolande Naggar
Commentaire mis en ligne le 6 décembre 2009La pièce en question s'intitule « Romance et Karaoké », elle joue au Théâtre d'aujourd'hui jusqu'au 12 décembre 2009. Au plaisir de vous y rencontrer!