Dans une lettre ouverte publiée le 1er mars dans La Presse et intitulée «Un réflexe de ceinture fléchée», Yves Capuano prend position contre l’interprétation négative de l’immigration que font Benoît Dubreuil et Guillaume Marois dans Le Remède imaginaire – Pourquoi l'immigration ne sauvera pas le Québec. Personnellement, je n’ai pas lu le livre et ne veux pas me prononcer sur le fond du texte de M. Capuano… J’en ai plutôt contre sa conclusion qui fait de la ceinture fléchée l’emblème d’un nationalisme égocentrique et fermé aux autres.
Puis, quatre jours plus tard, Patrick Lagacé remet ça dans un article intitulé «Les ceintures fléchées», où il en a contre la réponse franchement misérable du directeur général du Comité de la Fête nationale, Luc Savard, à l’hypothétique suggestion qu’Arcade Fire joue lors de la Saint-Jean. Et là, je suis franchement d’accord avec la dénonciation par M. Lagacé de ce type d’étroitesse d’esprit.
Le problème? C’est qu’on utilise la ceinture fléchée comme symbole de cette fermeture, alors qu'elle est ce que l’on pourrait appeler un objet patrimonial qui mérite notre respect.
Son origine n’est toujours pas très nette, mais on y trouve certainement des particularités amérindienne et acadienne. Puis, à la demande des marchands écossais (ceux-là qui feront de Montréal la métropole du canada), plusieurs familles de l’Assomption – surtout les femmes et les filles – vont en fabriquer des milliers pour servir d’objets de traite que les voyageurs vont échanger contre des fourrures partout sur l’immense territoire du Canada.
Et tous se mettent à la porter: amérindiens, métis, habitants et marchands, car non seulement elle est très utile, mais elle est belle et sert d’objet de reconnaissance. En fait, à une certaine époque, porter une ceinture fléchée donnait de la prestance et de l’importance.
Alors, pourquoi faire de cet objet véritablement interculturel et national un symbole de méfiance et de fermeture?
Messieurs, trouvez autre chose. Tenez, utilisez donc l’esprit de clocher, par exemple.
Le mois prochain, je réhabilite le macramé… Sérieux!
