Le centre de dépistage s’inscrit dans le cadre du projet DOVE (Detecting Ovarian Cancer Early) de l’hôpital Royal Victoria. Deux fois par mois, la médecin sonographe Jing Feng et la chercheuse Sabrina Piedimonte se rendent à la clinique angevine avec leur équipement pour examiner les femmes symptomatiques de cinquante ans et plus. Le dépistage se fait en fonction de trois facteurs, soit la présence d’un marqueur tumoral (CA-125) dans le sang, l’analyse des symptômes et des antécédents médicaux ainsi que l’étude de l’échographie endovaginale.
« Le CA-125, ce n’est pas le marqueur le plus spécifique. Si on le jumelle à l’étude des symptômes et à l’échographie, on pense que l’on peut arriver à mieux diagnostiquer le cancer de l’ovaire », croit le docteur de la clinique médicale du Haut-Anjou, Paul Vézina.
Fait à noter : les patientes n’ont pas besoin d’être recommandées par un médecin pour être reçues au centre. Celles-ci sont rencontrées dans un délai maximal de deux semaines, nous assure-t-on.
« Le but ultime du projet est de créer un outil de diagnostic. On a une liste d’une trentaine de symptômes assez vagues et on cherche à déterminer, chez les femmes atteintes du cancer de l’ovaire en stade précoce, quels sont ceux que l’on retrouve le plus fréquemment. Pour y arriver, il nous faudrait environ 100 cas de cancer. Pour l’instant, on en a diagnostiqué 10, dont deux à la clinique médicale du Haut-Anjou, sur les 1400 patientes qui ont pris part au DOVE », fait savoir Mme Piedimonte.
Pour sa part, Dr Vézina s’est impliqué dans le projet après que deux de ses patientes soient décédées de cette maladie. Le diagnostic est souvent complexe puisque les symptômes peuvent être associés à d’autres problèmes médicaux.
« J’ai eu une patiente qui présentait des symptômes digestifs et une autre qui avait une enflure à une jambe. On est passé à côté. Le diagnostic du cancer des ovaires s’est fait sur le tard » soutient M. Vézina.
Il précise que lors de l’examen gynécologique, les tumeurs palpées sont souvent bénignes tandis que celles qui sont cancéreuses sont si petites qu’il est quasi-impossible de les détecter sans une échographie endovaginale.
« Ça serait intéressant que les médecins de première ligne puissent avoir accès à ce matériel – d’une valeur de 25 000 $ – pour faire des échographies. Il faudrait que ça fasse partie de leur examen clinique », estime le médecin.
Quand les grands esprits se rencontrent
En plus de faire avancer la recherche médicale, le centre de dépistage permet une plus grande collaboration entre les experts. Selon Mme Piedimonte, les milieux de recherche francophone et anglophone demeurent hermétiques.
« Il peut y avoir une différence entre ces deux milieux. Par exemple, chez les francophones, nos grands-mères avaient 10 ou 12 enfants. Par contre, du côté anglophone, ils allaitent plus. Ce sont des facteurs culturels et sociaux qui influencent la présence du cancer de l’ovaire chez les communautés », rajoute Dr Vézina.
La présence du centre de dépistage sensibilise également les autres médecins à ce fléau, souvent méconnu.
« Quand une patiente se plaint de symptômes et qu’il y a, dans le coin, une clinique spécialisée, les médecins gardent ça en tête. Certains collaborent et nous recommandent des patientes », souligne la chercheuse.
Le centre de dépistage du cancer ovarien de la clinique médicale du Haut-Anjou est situé au 7500, boulevard des galeries d’Anjou. Pour en savoir plus, on communique avec le 1-866-716-3267.
