En Bono je crois…pas



Publié le 19 Juillet 2011
Publié le 15 Juillet 2011

Une chronique de Sébastien Cholette, collaborateur citoyen

Je marche dans la ville. Les rues sont vides. C’est étrange une telle solitude piétonnière. Je me rends chez un client. Je surveille les maisons de gens en vacance. En temps normal, je prends le transport en commun, mais en ce moment, c’est impossible, car tous les autobus et tous les métros ne convergent (tel Quebecor) que vers une seule et unique destination : un hippodrome désaffecté.

Sujets :
Ville de Montréal , Messie , News of the World , Bono , Messe , Québec
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C’est que ce soir, la Ville de Montréal au grand complet assiste à la grande Messe. Cette célébration à grand déploiement offerte à fort coût par le nouveau Messie. Celui qui prêche la lutte à la pauvreté et dont les yeux sont si sensibles que même à 3h du matin il se doit de porter ses verres fumés. Je ne prononce même pas son nom tellement j’en suis indigne. Bref, tout tourne autour de lui et je dois marcher.  

 

Première maison, tout est en ordre. J’ouvre le frigo, mon regard est attiré par le mot nouveau écrit sur une énorme cannette. C’est une boisson relaxante. Relaxer ? Drôle d’idée dans un monde où tout doit toujours aller plus vite, non ? Mais bon, c’est nouveau… je me dois d’essayer. C’est une obligation de société. La vie est trop courte pour faire autrement.

 

Deuxième arrêt, mon client amateur de soap opera. Il est en deuil depuis que ses émissions sont retirées des ondes. Il se console en se disant qu’à partir de maintenant, ces histoires rocambolesques seront diffusées sur Internet, aux côtés de l’unique et légendaire roman-savon québécois À Tout Perdre.

 

Par la fenêtre, j’aperçois un homme complètement nu qui avance dans la rue tel un zombie. Je sors et lui demande ce qu’il fait, il ne répond pas et s’en vient maintenant vers moi, et d’après son bas ventre, il est fortement attiré par moi. Ça doit être un sexomniaque. Je ne prends pas de chance. Je fuis.

 

Mon dernier client, c’est la première fois que je m’y rends. J’ouvre la lumière. WO ! Des milliers de photos de Bono tapissent les murs. Sur une table, une pile de petites cassettes. Sur chacune d’elle, un collant indique que ce sont des écoutes électroniques pour le compte du journal britannique News of the World. Ah merde, moi qui voulait éviter tout contact avec ce phénomène aux proportions bibliques. La curiosité l’emporte.

 

J’ouvre un dossier papier qui repose près des cassettes. C’est le résumé d’une rencontre entre Bono et Clotaire Rapaille. Ce dernier est mandaté pour amplifier l’image d’homme de bonne parole qu’est Bono.  Il lui propose donc de donner l’exemple. Au lieu de quémander aux gens et aux gouvernements de combattre la pauvreté, il pourrait lui-même offrir un grand pourcentage des profits qu’engendre sa tournée, la plus lucrative de l’histoire de la musique.

 

Clotaire lui suggère également de ne pas exiger qu’un stade soit construit exclusivement pour ses spectacles. Ça ne fait pas trop crédible pour quelqu’un qui parle de pauvreté. Surtout dans un endroit comme le Québec, qui tente d’avoir un nouvel aréna qui servirait durant des années et à plusieurs personnes ou encore qui attend un hôpital qui tarde à voir le jour. Il lui suggère également de ramener son argent dans son pays natal, l’Irlande, afin qu’il paie ses impôts, ce qui aiderait énormément ses compatriotes pris avec de sérieux problèmes économiques.

 

Par contre, Clotaire félicite Bono d’avoir réussi à faire croire au monde que son groupe mérite une telle adulation. Après tout, ils n’ont pas évolué musicalement d’album en album tel Madonna, ni qu’ils ont révolutionné le monde du clip comme un Michael Jackson. Ils n’ont pas non plus réussi l’exploit d’amener un large public à s’intéresser à un genre musical mal connu comme Metallica l’a fait avec le métal. Plusieurs succès certes, une mini controverse sur un toit mais sinon…

 

J’arrête ma lecture des dossiers ici avant d’être malade. Déjà je sens un haut-le-cœur. Je n’aurais pas dû manger de l’agneau mais bon, si Bono le fait. Bon allez, assez travaillé pour aujourd’hui. Je mérite une bière avec mon amoureuse !

Voir l'article sur le journal Nouvelles Hochelaga-Maisonneuve

Commentaires

  • Nom de l\'usager
    Emilie
    - 25 Juillet 2011 à 09:12:54

    Haha! J'ai bien ri en lisant ton article! ;-) J'ai toujours dit la même chose d'artiste comme Britney Spears et autre truc bonbon du genre et toi de me répondre dans le temps que ce sont des entertainers incroyables qui donnent des shows écoeurants!! Je ne pouvais pas t'obstiner là-dessus, ne les ayant jamais vu en show, je ne pouvais pas constater... Tu disais de ces artistes qu'ils avaient le sens du spectacle. Eh bien Bono, n'est qu'un de ceux-là. Sauf qu'en plus, il a une voix (dans tous les sens du terme) et il s'en sert. Bien que je sois d'accord avec quelques points que tu mentionnes (impôt impayées, musique qui ne révolutionne pas - quoique Joshua tree dans le temps a révolutionné!), je me fais ici l'avocat du diable. À lire bien sûr sur un ton amical... First, pour l'avoir vu en show deux fois, Bono est un interprète, performer et entertainer absolument incroyable, qui se donne corps et âme à son public et ce, depuis au moins 30 ans. Juste cette générosité et ce talent mérite, je crois, un certain respect. Deuxièmement, bien qu'il y ait des billets VIP à 500$ (comme dans tout gros show qui se respecte), U2 a toujours tenu a ce que leurs billets restent accessibles. J'ai payé 100$ pour 2 billets admission générale les deux fois où je les ai vu et j'étais super bien placée. Il y a même une tournée où ils ont failli faire faillite parce qu'ils tenaient à ne pas monter les prix des billets malgré le coût faramineux la tournée. Troisièmement, le fameux stade construit à l'hyppodrome est une initiative d'Evenko (et non du groupe), qui tenaient à ce que le groupe vienne. Le groupe (U2) a versé 4 millions de dollars pour le faire construire car ils tenaient à être là, sachant qu'ils ont beaucoup de fans à Montréal. D'ailleurs, à ce show, Bono était absolument en feu, avait une voix comme j'en ai rarement entendu et s'est donné à fond. Respect... pour un homme dans la cinquantaine, je trouve ça génial! Bien que je ne sois pas une fan finie de U2 (qu'on se le dise), j'ai du respect pour cet homme et ce groupe. Si on s'en tient à l'aspect musicien de la chose, U2 (et Bono de surcroit!) reste un groupe qui a traversé le temps et en temps que musicienne qui a eu plusieurs groupes, je peux te dire que juste ça c'est un exploit! Sans rancunes! ;-)

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