Le pont Le Caron ou Pie IX



Un arc à pilettes en acier mirait ses courbes élégantes dans les eaux de la rivière des Prairies entre 1937 et 1970. Prise de vue datant de 1966 tirée du dossier semi-Actif des ANQQ. (Photo : gracieuseté)

Un arc à pilettes en acier mirait ses courbes élégantes dans les eaux de la rivière des Prairies entre 1937 et 1970. Prise de vue datant de 1966 tirée du dossier semi-Actif des ANQQ. (Photo : gracieuseté)

Publié le 26 Juillet 2011
Publié le 19 Juillet 2011

Une chronique de Roger Lagacé, collaborateur citoyen

En 1939, John Samuel Bourque, ministre des Travaux publics dans le premier gouvernement de Maurice Duplessis et de qui relevait l’administration des ponts de la province, et Anatole Carignan, ministre de la Voirie dans le même gouvernement, annoncent le changement de certains noms de ponts et de routes de la province. C’est alors que le pont Pie-IX est baptisé Pont Le Caron en l’honneur du père Joseph Le Caron, premier missionnaire chez les Hurons et qui, d’après Samuel de Champlain, a célébré l’une des premières messes en Nouvelle-France avec l’assistance du Père Jamet. Cette cérémonie eut lieu le 24 juin 1615, le long de la rivière des Prairies.

Sujets :
Dominion Bridge , Rivière des Prairies , Montréal-Nord , Municipalité de Saint-Vincent-de-Paul

Le traversier d’abord

Le traversier a été longtemps le seul moyen de communication entre le nord de l’île de Montréal et l’île Jésus. Dès 1915, on étudie la possibilité de construire un pont sur la rivière des Prairies qui relierait la nouvelle ville de Montréal-Nord et la municipalité de Saint-Vincent-de-Paul. Jusqu'en 1937, deux passeurs traversaient les passagers entre Montréal-Nord et Saint-Vincent-de-Paul à bord d'une embarcation s'apparentant à une chaloupe Verchères muni d'un moteur à deux temps et guidée par un câble d'acier tendu d'une rive à l'autre sur la rivière des Prairies. L'hiver, on pouvait traverser en carriole ou à pieds sur un chemin de glace balisé et bien entretenu.

L'entente de 1936 entre le gouvernement du Québec et le Dominion relative à l'exécution de certains travaux pour réduire le chômage autorisait la construction de quatre ponts. Ce programme de lutte à la crise permet d'entreprendre la construction du pont Pie-IX aux coûts de $ 1 340 493.26.

Ce pont de type Arc à pilettes en acier à six travées est dessiné par S.A. Beaulne. La structure aux lignes inhabituelles et élégantes est érigée en moins de deux années par l'entrepreneur général Dufresne Construction assisté par la cie Dominion Bridge en sous-traitance pour la fabrication et le montage des arcs. L'ouvrage qu'on dit « magnifique » est ouvert à la circulation le 5 décembre 1937.

 

En 1964, le pont donne des signes d’usure jugés dangereux. Avec l’accroissement de la circulation sur le pont, le ministre des Travaux publics annonce que le gouvernement québécois reconstruira le pont.  Le ministère  met en oeuvre le doublement de la structure en dépit des protestations des résidants de Duvernay qui souhaitent un pont dans l'axe de la rue Papineau.  En décembre 1965, on assiste au jumelage du pont,  et en janvier 1967, le nouveau pont était finalement rouvert à la circulation. Cinq ans plus tard, dans le but de décongestionner la circulation aux heures de pointe sur le boulevard Pie-IX, la voie sud du pont est entièrement reconstruite. C'est une décision pouvant paraître excessivement prématurée mais qui fut prise principalement à la suite d'une étude économique justifiant le remplacement. Et ceci en tenant compte dans une moindre mesure de l'état précaire de la dalle et des glissières de la partie ancienne et des critiques répétées sur l'apparente faiblesse du pont dans les médias locaux.

Père Joseph Le Caron

Le père récollet Joseph Le Caron (ou LeCaron ou encore Le Carron) est l’un des quatre premiers missionnaires du Canada et le premier missionnaire en Huronie.

Joseph Le Caron est né près de Paris, vers 1586. Au début du XVIIe siècle, il se joint aux Récollets. Le 24 avril 1615, le père Le Caron quitte Honfleur sur le navire Saint-Étienne pour le Canada. Il arrive à Québec le 25 mai 1915 et se rend rapidement au Sault-Saint-Louis.

Peu de temps après, il se dirige vers le pays des Hurons, devenant ainsi le premier missionnaire à évangéliser cette région. Il y demeure pendant un an, parcourant les lieux à pied ou en canoë.

 

Il meurt au couvent de Sainte-Marguerite, en France, pendant une épidémie de peste, le 29 mars 1632.

Le père Le Caron, un homme érudit, est l’auteur du premier dictionnaire de la langue huronne. Il a aussi écrit la Quærimonia Novæ Franciæ (Complainte de la Nouvelle-France), une description détaillée du pays avec des études sur les Amérindiens, leurs mœurs et traditions.

N’hésitez pas à commenter cet article. Je vous invite à me faire parvenir anecdotes, souvenirs et photos… rogerlagaceshgmn@videotron.ca

 

 

Voir l'article sur le journal Le Guide Montréal-Nord

Commentaires

  • Nom de l\'usager
    HENRIETTE GAGNON
    - 8 Août 2011 à 12:03:12

    JE FUT CITOUYENNE DE MONTRÉAL-NORD DE 1937 À 1977, ET J'AI EU LE BONHEUR DE TRAVAILLER ^POUR L'HÔTEL DE VILLE DE MONTRÉAL-NORD DANS LES MEILLEURS TEMPS DE SON EXISTANCEVOILÀ, DEPUIS QUE J'AI FAIT LA LECTURE DU BOUQUIN MONTRÉAL-NORD, D'HIER À AUJOURD'HUI,IL Y A UN CERTAIN PASSAGE QUI M'INTRIGUE. DEPUIS MON ENFANCE, OÙ NOUS TRAVERSIONS LE PONT PIE1X POUR ALER VISIONNER DES FILMS À L'ÉGLISE DE ST-VINCENT DE PAUL, POUR NOUS, NOUS TRAVERSIONS LE PONT PIE1X ET TOUJOURS LE NOM DE CE PONT A ÉTÉ PIE1X ALORS DEPUIS QUAND CE PONT A POUR NOM LE PONT LE CARON ?? DIFFICILLE A EXPLIQUER AUX ENFANTS ET PETITS ENFANTS, QUER VIENT FAIRE CE NOM DANS NOTRE HISTOIRE DE MONTRÉAL-NORD.- L'EX MAIRE YVES RYAN (QUI FUT LE NUMÉRO 1 DE TOUS LES MAIRES) , EMPLOYAIT AUSSI LE NOM DU PONT PIE 1X DANS SES CONVERSATIONS.---- MALHEUREUSEMENT, NOUS N'ÉTIONS PAS AU COURANT DANS LA PRÉPARATION DE CE BOUQUIN, PUISSE QUE NOUS AURIONS EU PLUSIEURS PHOTOS ET ANECDOTES À RACONTÉS, NOUS SOMMES MAINTEMANT CITOYENS DE LA BELLE VILLE DE REPENTIGNY DEPUIS 1977.----MERCI DE M'AVOIR LU ??? ET SI POSSIBLE, BIEN VOULOIR M'ÉCLAIRER SUR CE NOM , HENRIETTE GAGNON

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