Un calme étrange règne à Puerto Vallarta
Ce lundi, l’atmosphère à Puerto Vallarta était profondément inattendue, avec des rues habituellement bondées de touristes complètement désertes et des devantures de magasins fermées, certaines ayant même été incendiées. Un silence pesant et inquiétant régnait dans cette ville qui, d’ordinaire, vit au rythme de ses touristes. La ville, comme beaucoup d’autres lieux au Mexique, fait face à une situation exceptionnelle, marquée par une montée soudaine de violence suite à l’élimination d’un chef de cartel très recherché. La scène qui se déroulait dans la matinée laissait penser à une ville abandonnée, presque abandonnée par ses habitants et ses visiteurs.
Alors que certains vols commencent à reprendre, des milliers de Canadiens restent bloqués dans cette destination prisée, confrontés aux conséquences d’un chaos brut et soudain provoqué par une vague de violence déclenchée par la mort d’un leader de cartel notoire. La violence et l’instabilité ont obligé de nombreuses autorités à fermer les écoles dans plusieurs États, tandis que les gouvernements locaux et étrangers avertissent leurs citoyens de rester à l’intérieur, dans l’attente d’une stabilisation de la situation.
Une incendiée opération policière qui coûte la vie à plus de 70 personnes
Dimanche matin, une opération policière visant à capturer Nemesio Oseguera Cervantes — mieux connu sous le nom d’“El Mencho” — chef du très puissant cartel de Jalisco, a tourné au drame. Selon les autorités mexicaines, au moins 70 personnes ont trouvé la mort lors de cette tentative d’arrestation, dont 25 membres de la Garde nationale mexicaine, tués dans six attaques séparées, et 34 suspects liés au cartel. Peu de détails ont été donnés sur cette opération, mais elle a entraîné une réponse violente des trafiquants, qui ont érigé plus de 250 barrages routiers dans 20 états, ont posé des explosifs et mis le feu à plusieurs véhicules pour montrer leur défiance et leur pouvoir face à la réaction des forces de l’ordre.
La réaction du cartel a été immédiate et brutale. Outre la perte de ces agents et suspects, la violence a laissé plusieurs régions en état de chaos. La semaine dernière, la zone est devenue le théâtre d’une situation critique, où la violence a éclaté à un point où la majorité des écoles ont été contraintes de fermer leurs portes. La tension était telle que l’on pouvait entendre des détonations et voir la fumée s’élever au-dessus des quartiers autrefois paisibles.
Ce bilan macabre comprend aussi la mort de 25 membres de la Garde nationale mexicaine lors d’attaques multiples, en plus des nombreux suspects arrêtés ou tués au cours de cette opération. Très peu de détails ont été communiqués concernant le déroulement précis de cette opération ou l’identité de tous ceux qui ont trouvé la mort. La situation, cependant, reste très volatile et imprévisible.
Réactions internationales et restrictions de voyage
Les compagnies aériennes canadiennes telles qu’Air Canada et WestJet ont rapidement annulé leurs vols à destination et en provenance de Puerto Vallarta et d’autres villes mexicaines, lundi, pour assurer la sécurité de leurs passagers. WestJet a annoncé que ses vols pour Puerto Vallarta, Guadalajara et Manzanillo reprendront mardi, après une évaluation approfondie des conditions de sécurité. Air Canada, quant à elle, a indiqué que ses vols seront pleinement opérationnels à partir de Montréal, Toronto et Vancouver vers Puerto Vallarta dès mardi, en utilisant de plus grands appareils, notamment des Boeing 787-9 Dreamliner, pour augmenter la capacité en passagers. Les vols de Toronto à Guadalajara sont prévus pour reprendre mercredi.
De son côté, Air Transat a également prévu de relancer ses opérations vers Puerto Vallarta dès mardi. En revanche, la compagnie Flair a annoncé qu’elle ne prévoit pas de vols depuis Puerto Vallarta ou Guadalajara mardi, en raison de la situation. La compagnie Porter Airlines n’a pas encore indiqué quand ses vols reprendront. La ministre des Affaires étrangères du Canada, Anita Anand, a précisé lors d’une conférence de presse que le gouvernement n’avait reçu aucune notification préalable de l’opération qui a abouti à la mort d’Oseguera Cervantes, mais qu’il restait en contact étroit avec le gouvernement mexicain et surveillait de près l’évolution rapide de la situation.
Selon Mme Anand, plus de 26 000 Canadiens étaient inscrits auprès de l’organisme fédéral, Global Affairs Canada, comme étant actuellement au Mexique, un chiffre qui a augmenté de près de 8 000 en une seule journée. La situation demeure très instable, et le gouvernement conseille à tous les Canadiens présents dans la région de rester à l’intérieur et de suivre les consignes de sécurité.
Une ville transformée en ville fantôme
Ce qu’il faut savoir sur la mort de ‘El Mencho’, le chef du cartel puissant, au Mexique
« C’était effrayant », raconte Thomas Speta, un touriste arrivé à Puerto Vallarta samedi, après avoir passé quelques jours à Mexico. Selon lui, la première indication que quelque chose clochait est arrivée dimanche, avec la vue du fumée s’élevant dans le ciel.
« En rentrant du petit déjeuner, j’ai aperçu une voiture en flammes à une rue d’ici », explique-t-il. Bien qu’il n’ait pas vu d’échanges de tirs entre forces de l’ordre et criminels, il a entendu des bruits semblables à des feux d’artifice et observé la fumée s’élever depuis la terrasse de son hôtel. Son vol cette nuit-là a été annulé.
« En marchant aujourd’hui (lundi), j’ai vu plusieurs devantures complètement brûlées », ajoute-t-il, déconcerté par la violence soudaine qui a transformé cette ville autrefois si accueillante en un lieu déserté et en proie au chaos.
Il a passé la journée à chercher un moyen de prolonger son séjour, préférant fuir le plus tard possible, plutôt que de payer une nouvelle grosse somme pour réserver un vol de retour anticipé. Le jour précédent, un autre vacancier, Don Martin, un ancien journaliste de CTV, qui profitait d’un séjour avec sa femme, a été aussi choqué par la tournure dramatique des événements. Selon lui, la ville est passée d’un endroit idyllique à une zone sous haute tension, en quelques heures à peine.
Ils étaient même à bord d’un bateau, revenant d’une excursion d’observation des baleines, quand ils ont aperçu des panaches de fumée sordides dans le ciel.
« On aurait dit que c’était comme une image du bombardement de Beyrouth ou quelque chose du genre, c’était brutal », raconte Martin. Le lundi, il ne restait plus que des carcasses de voitures incendiées, éparpillées partout, témoignant de la violence de la veille.
Concernant leur situation, Porter Airlines leur a indiqué que le prochain vol possible ne serait pas avant vendredi, ce qui les oblige à attendre dans l’incertitude.
Les Canadiens confrontés à un manque de nourriture et de vols
Plusieurs Canadiens coincés sur place commencent à s’inquiéter pour leur approvisionnement en nourriture.
« Il y a un peu plus de voitures sur la route qu’hier. Il n’y a plus de restaurants, de supermarchés, de petits commerces, rien n’est ouvert », indique Nancy Sutton, qui se trouve dans un appartement à Nuevo Nayarit, à une vingtaine de minutes de l’aéroport international de Puerto Vallarta. Elle partage ses dernières provisions avec d’autres Canadiens dans le complexe, espérant que les magasins rouvriront rapidement.
« Si ça dure plus que demain, je pense qu’on sera tous en difficulté », confie-t-elle, tout en précisant qu’elle dispose encore de bouteilles d’eau.
Kailey Rigelhof et son mari, Trevor Bruce, partagent la même inquiétude. Ils ont appris qu’ils ne peuvent rester qu’une nuit supplémentaire dans leur Airbnb, mais leur vol le plus proche avec Air Canada n’est prévu que pour le 1er mars.
« Il nous reste une miche de pain que nous partageons à cinq dans l’appartement et tous les magasins autour sont pillés ou incendiés », raconte Rigelhof, 34 ans, originaire de Brechin, en Ontario. Ils étaient venus fêter l’anniversaire de Trevor, il y a une semaine, et tout se passait jusqu’à ce que le chaos éclate dimanche.
« C’est la première et la dernière fois au Mexique », ajoute-t-elle, dépitée. « Pour l’instant, on essaie surtout de faire changer notre vol ou de trouver une solution pour rentrer chez nous. »
Un porte-parole d’Airbnb a déclaré au Star que la plateforme a activé sa politique en cas d’événements perturbateurs majeurs pour toute la région de Jalisco et les zones impactées, offrant un soutien aux voyageurs pour annulations et remboursements. « Nous surveillons la situation de près et soutenons nos invités et hôtes dans ces zones affectées », a-t-il affirmé.
Une relance rapide du tourisme au Mexique ?
Selon des experts en voyages, si votre départ est prévu dans peu de temps, il pourrait être prudent d’envisager d’annuler votre voyage, étant donné l’incertitude qui plane autour des vols.
« Pour ceux qui doivent partir dans un mois ou dans cinq ou six semaines, je ne serais pas encore trop inquiet. On peut attendre de voir comment la situation évolue », explique Frédéric Dimanche, professeur à l’École de gestion hôtelière et touristique de l’Université de Toronto. Il recommande à ceux qui doivent voyager de souscrire une assurance voyage pour couvrir tout imprévu.
Il est encore difficile de prévoir l’impact que cette récente vague de violence pourrait avoir sur l’économie touristique mexicaine à court terme. Certaines personnes pourraient renoncer à leurs vacances ou changer de destination pour éviter les risques immédiats.
Mais selon Dimanche, la reprise du tourisme au Mexique est probable à moyen terme : « C’est une réaction spécifique à un événement lié au cartel. Nous espérons que la situation se résoudra dans les prochains jours », affirme-t-il. Il ajoute que, contrairement à la situation dans certains pays voisins, notamment les États-Unis, où des ruptures sociales et économiques plus larges se manifestent, le phénomène semble plus localisé.
« Je pense que les Canadiens seront probablement plus enclins à revenir au Mexique rapidement qu’à retourner aux États-Unis », conclut-il.




Gastronomie
Journée du cône gratuit chez Dairy Queen en Ontario : comment obtenir une glace gratuite le 19 mars