Voyage

J’ai testé la baignade en forêt à Milton’s Rattlesnake Point et j’ai découvert que cette expérience thérapeutique est réellement efficace

Une matinée de samedi, j’ai décidé de mettre de côté ma liste de choses à faire pour participer à une séance de deux heures de thérapie en forêt au parc Rattlesnake Point à Milton. Ce moment était destiné à une pratique de plus en plus populaire à travers le monde, une occasion pour moi de voir si je pouvais réellement me déconnecter du chaos mental qui m’habite et, peut-être, d’apprendre à continuer cette démarche par moi-même, gratuitement.

La thérapie en forêt, aussi connue sous le nom de shinrin-yoku ou bain de forêt en japonais, ne consiste pas à se plonger dans un bain de boue comme pourrait le laisser penser un malentendu très répandu que j’avais moi aussi. Au contraire, j’ai découvert qu’il s’agit d’une pratique structurée de bien-être, conçue pour éveiller et ouvrir tous nos sens à l’essence même des bois.

Si vous cherchez un moyen de calmer un esprit qui tourne à toute vitesse, alors marcher sur les sentiers locaux avec une attention sensorielle volontaire pourrait bien être une voie vers la quiétude. Notre animatrice, Nadia Frost — thérapeute agréée et guide en thérapie en forêt — nous a offert une sorte de carte routière composée d’invitations, toutes destinées à réveiller progressivement nos sens.

Dès le début, j’ai fait l’expérience d’une révélation personnelle, une véritable libération offerte par la forêt, pour ainsi dire. En m’adossant contre un solide chêne rouge et en m’appuyant contre sa masse robuste et résiliente, j’ai été envahie par une vague inattendue de calme. Ce moment tangible m’a prouvé en toute simplicité que cette pratique fonctionnait réellement.

Comment ancrer ses sens

La séance a débuté par un simple exercice d’ancrage basé sur la pleine conscience, destiné à désactiver la machine à stress. Tandis que mon esprit, par habitude, s’égarrait vers une multitude de listes de tâches infinies, j’ai dirigé mon attention sur ma respiration. Ce geste simple a servi de point d’ancrage physique, m’aidant à détourner doucement mon regard de la surcharge mentale sans pour autant contraindre à l’arrêt total de la pensée.

Sentir les arômes thérapeutiques de la forêt

On nous a invités à nous pencher près du sol et à suivre l’odeur de la nature. En laissant derrière moi l’odeur chimique de mon répulsif anti-moustiques, j’ai percé un parfum vif, net, et frais de la forêt.

Il s’avère que simplement respirer l’air forestier peut avoir un effet thérapeutique. Frost nous a expliqué que l’inhalation de phytoncides — ces substances naturelles que les arbres émettent pour se protéger — réduit nos hormones du stress et stimule notre système immunitaire.

Écouter la symphonie des pas des autres randonneurs

En orientant mon attention vers les sons, je me suis concentrée sur le plus proche : le bruit régulier du sol craquant sous nos pas. Même si, parfois, le vacarme de la musique d’un groupe pique-niqueur dans le parc parvenait à faire irruption à travers la canopée, Frost nous a guidés pour reconnaître le son, lui permettre de passer, puis ramener en douceur notre attention aux sons naturels environnants.

Toucher les textures du temps

Frost nous a encouragés à échanger avec la texture du paysage. Bien que Rattlesnake Point soit célèbre pour ses cèdres vieux de mille ans, j’ai été davantage attirée par le sol de la forêt. Avec hésitation, j’ai laissé mes doigts caresser une large couche de mousse recouvrant un rocher imposant. Contrairement à mes attentes, elle n’était pas visqueuse ou désagréable, mais plutôt rebondissante et accueillante. Elle ressemblait à un tapis tissé par la nature, que j’aurais aimé marcher pieds nus.

Découvrir des champignons aux couleurs éclatantes

Inspirée par la célèbre phrase de Paul Simon, « tout a l’air pire en noir et blanc », j’ai été invitée à rechercher la couleur. En ralentissant ma démarche, j’ai remarqué un groupe de champignons orangés électriques émergeant d’un vieux tronc pourri. Si j’avais marché à toute vitesse pour atteindre un objectif cardio, cette explosion de couleurs aurait été sans doute passée inaperçue ou, pire encore, aurait été un flou visuel.

Se décharger des soucis

Sur le dernier tronçon de notre parcours, Frost nous a demandé de ramasser quelque chose dans la forêt. J’ai choisi deux feuilles d’érable. Elle m’a ensuite expliqué que ce geste symbolisait le fait de laisser derrière soi un souci ou une tension, tout comme on repère un objet. Pour ma part, cela signifiait simplement lâcher prise, observer les feuilles, puis laisser mes préoccupations s’envoler avec leur mouvement.

Porter un toast chaleureux aux bois

Notre randonnée d’environ 1,5 kilomètre s’est conclue par une petite cérémonie de thé. Frost a versé dans de petites tasses en papier une infusion chaude et sans caféine, tout en expliquant la signification du rituel. Une tasse était d’abord offerte à la nature, versée à la base d’un arbre voisin, en signe de gratitude. Partager cette boisson a permis de faire pénétrer directement les propriétés apaisantes de la forêt dans nos corps, laissant en nous une sensation profonde de sérénité.

Souhaitez-vous refaire cette expérience ? Moi, oui, mais en solitaire. Si j’avais décidé d’explorer les sentiers toute seule, le prix d’une entrée journalière dans un parc à Rattlesnake Point s’élevait à 10,50 dollars canadiens plus taxes en ligne, ou 12 dollars au guichet, en comparaison des 15 dollars que j’ai payé pour la séance guidée, dont les prix varient selon les lieux.

Pour ceux qui souhaitent découvrir cette pratique encadrée, Frost recommande de consulter le site web de Nature Forest Therapy Canada (NFTC), qui organise des événements locaux à venir. Le NFTC met en relation les participants avec des guides formés par l’Association de la thérapie en nature et forêt, ainsi que par le Global Institute of Forest Therapy & Nature Connection.

Alternativement, il est possible de pratiquer un bain de nature par soi-même, gratuitement, grâce au programme PaRX (Prescription de la Nature). Ce dernier est une initiative nationale où des autorités de conservation locales — telles que Credit Valley, Lake Ontario Central, Halton, Hamilton, Kawartha, Niagara et la Récupération Toronto et Région — proposent plusieurs visites de parcs gratuites.

Les prescriptions de la nature peuvent être délivrées par divers professionnels de la santé : acupuncteur, chiropraticien, dentiste, diététicien, médecin de famille, kinésithérapeute, massothérapeute, infirmière, opticien, médecin, pharmacien, psychologue, podiatre, travailleur social.

Pour en savoir plus sur la façon d’obtenir une prescription PaRX ainsi que sur les partenaires locaux, rendez-vous sur le site web des prescriptions pour les parcs nationaux.

Laurence Gauthier

Laurence Gauthier

Je m'appelle Laurence Gauthier, rédactrice au sein de Montréal Express. Curieuse du monde qui m'entoure, j’écris sur les enjeux sociaux, l’environnement et la vie citoyenne au Canada. Mon objectif : offrir une information accessible, engagée et ancrée dans le réel.