Business

Tourisme à Nanaimo : Attirer les Canadiens en vacances au Canada

La ville portuaire a une opportunité comme « jamais auparavant » de tirer parti du changement dans les habitudes de voyage des Canadiens, qui privilégient désormais les vacances en Canada plutôt qu’aux États-Unis, selon les analyses de Tourism Nanaimo.

Carly Pereboom, directrice générale de Tourism Nanaimo, a présenté lundi 5 mai un rapport au conseil municipal dans lequel elle a souligné l’importance de ne pas occulter cette nouvelle dynamique entre les deux pays. Selon elle, il serait incohérent de ne pas prendre en compte l’évolution du rapport entre le Canada et ses voisins du sud.

« Le secteur touristique a connu une transformation profonde en raison de la situation actuelle avec notre voisin du Sud, et Tourism Nanaimo a su s’adapter pour tirer parti de cette évolution », a expliqué Pereboom. « Les données indiquent que 43 % des Canadiens envisagent d’annuler ou de réduire leurs déplacements vers les États-Unis en 2025 par rapport à 2024, et parmi eux, 61 % privilégieraient plutôt des vacances au Canada. »

Qualifiant cette période de « phase de transition », elle a insisté sur le fait que Nanaimo possède plusieurs atouts pour profiter de cette tendance, notamment son statut de ville-centre, sa réputation comme destination inclusive et accueillante, ses tarifs compétitifs et sa notoriété aux États-Unis, renforcée par des initiatives marketing comme la récente opération communautaire Nanaimo Infusion menée par Tod Maffin.

Elle a également souligné que l’arrivée de nouvelles liaisons aériennes directes entre Toronto et Nanaimo constitue une opportunité supplémentaire pour la ville.

« L’Ontario représente un marché porteur, notamment parce que la probabilité de réduire les voyages vers les États-Unis y est forte à l’heure actuelle », a-t-elle déclaré. « Les résidents du Manitoba et de la Saskatchewan sont également très susceptibles de modifier leurs plans de voyage pour privilégier le Canada. Couplé à l’image inclusive de Nanaimo, notamment en soutien aux voyageurs LGBTQ+, cela nous place dans une position favorable pour attirer ces audiences peu exploitées, mais fortement en phase avec notre offre. »

Les principaux marchés de la ville sont nationaux, avec 50 % des touristes venant de la Colombie-Britannique, ce qui, selon Pereboom, témoigne du fait que Nanaimo constitue un marché « très attractif mais sensible aux prix ». Lorsqu’on y ajoute les touristes provenant de l’Alberta et de l’Ontario, ces trois provinces représentent « le socle de notre activité », a-t-elle précisé.

« Nous ne pouvons pas espérer appliquer les mêmes tarifs hôteliers que Vancouver, mais nous restons compétitifs face à des villes similaires comme Kamloops. Cela montre qu’il est essentiel de se concentrer sur l’augmentation du volume et de la valeur, tout en proposant toute l’année des expériences qui encouragent le séjour prolongé et augmentent la dépense par voyage dans l’économie locale », a-t-elle indiqué.

Le principal défi demeure la basse saison hivernale, période durant laquelle Nanaimo connaît un « énorme creux » que Tourism Nanaimo espère compenser par des stratégies de marketing en dehors de la haute saison, par la promotion d’événements, la réservation de groupes et le développement d’expériences touristiques.

Selon les chiffres de Destination B.C. pour 2022, plus de 26 000 personnes travaillent dans le secteur du tourisme dans la région de l’île de Vancouver, où l’on a versé 886 millions de dollars en salaires. Cela représente 17 % de l’emploi touristique total dans la province.

La durée moyenne des séjours des touristes sur l’île est d’environ 3,4 nuits, ce qui est comparable à la moyenne provinciale de 3,6 nuits.

« Il y a encore une marge de progression sur ce point. Grâce à un marketing ciblé, des itinéraires soigneusement élaborés, et avec nos stratégies autour des événements, des activités sportives et des loisirs, nous encourageons des séjours plus longs qui augmentent leur impact économique par visite », a conclu Pereboom.

Laurence Gauthier

Laurence Gauthier

Je m'appelle Laurence Gauthier, rédactrice au sein de Montréal Express. Curieuse du monde qui m'entoure, j’écris sur les enjeux sociaux, l’environnement et la vie citoyenne au Canada. Mon objectif : offrir une information accessible, engagée et ancrée dans le réel.