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Découvrir la Thaïlande : Pourquoi 7-Eleven est devenu le point préféré de notre famille

Lors d’un voyage en Thaïlande, ma famille et moi avons visité le majestueux Wat Pho à Bangkok, émerveillés devant le Bouddha couché de 150 pieds de long, recouvert de feuilles d’or. À Chiang Mai, nous avons parcouru la vallée escarpée de Mae Taeng à bord de quads, puis navigué sur des rapides de rivière difficiles en radeau, pendant que des éléphants se baladaient paisiblement le long des berges. Sur Koh Madsum, nous avons repéré des porcs sauvages, et en faisant du snorkeling à Koh Samui, nous avons admiré des poissons-clowns orange vif. Mais rien ne peut rivaliser avec l’excitation que nous procurent nos découvertes dans un simple 7-Eleven.

Oui, cette même chaîne de magasins que l’on associe souvent en Amérique du Nord à ses hot-dogs tournant sous des lampes chauffantes. Partout en Asie, les supérettes 7-Eleven, si omniprésentes, ont peu de ressemblances avec leurs homologues occidentaux. Ici, elles jouent un rôle culturel majeur : elles sont devenues des lieux de rassemblement ainsi que des boutiques uniques où les locaux peuvent réaliser plusieurs démarches en un seul endroit, comme faire leurs courses, prendre un déjeuner rapide ou payer leurs factures. Les touristes ne tardent pas non plus à s’y rendre, attirés par la tendance de « tourisme en épicerie » selon le rapport de tendances d’Hilton pour 2026. En effet, 77% des voyageurs apprécient de découvrir ces magasins pour goûter des spécialités authentiques et locales lors de leurs voyages.

Avec plus de 15 000 boutiques en Thaïlande, le pays possède presque à chaque coin de rue un 7-Eleven, certains même placés face à face. La chaîne, dont le siège est à Tokyo, compte environ 22 000 magasins au Japon, mais la Thaïlande se place en seconde position en termes de nombre de points de vente. Les rayons sont remplis de tout ce qu’il faut : des tartines fraîches, prêtes à être grillées dans un appareil ressemblant à une George Foreman, aux bonbons à la durian, en passant par des soins de la peau joliment emballés. De nombreux produits ont même connu un succès viral sur TikTok, comme le thé glacé thaïlandais en bouteille, les inhalateurs à base de plantes, ou encore les collations qui ont le goût du mango sticky rice, appréciés pour leurs saveurs distinctives et leur prix abordable. Une canette de soda y coûte moins d’un dollar, et les plats prêt-à-manger tournent autour de deux dollars environ.

C’est à Bangkok que ma famille a découvert pour la première fois la magie du 7-Eleven. En cherchant des cartes SIM, nous avons pénétré dans une boutique située à une demi-block de notre hôtel. En quelques minutes, mon fils de 16 ans a attrapé un cake lava emballé dans le rayon réfrigéré, en demandant qu’on le chauffe au micro-ondes.

Je suis allé voir mon autre fils, âgé de 20 ans, en train de scruter le vaste choix de chips Lay’s, proposant des saveurs telles que calamar grillé, œuf salé ou Mieng Kam Krob Ros. (Il a finalement choisi la saveur homard épicé.) Pendant ce temps, j’ai rapidement confié la tâche des cartes SIM à mon mari, car les rangées de produits de beauté, tous en mini-sachets de voyage, m’ont laissée bouche bée.

La majorité des habitants que je rencontre m’affirment que le 7-Eleven, ouvert 24 heures sur 24, fait partie intégrante de leur vie quotidienne. Certes, les touristes se réjouissent des saveurs de snacks uniques, mais pour les locaux, cette chaîne est avant tout un commerce de proximité où l’on peut acheter du café frais, des plats étonnamment savoureux comme des raviolis, des bols de riz ou des currys thaïlandais, ainsi que des médicaments en vente libre. Il est même possible de régler ses factures d’électricité ou d’eau directement à la caisse, ce qui en fait un lieu indispensable.

Ce qui me plaît surtout dans cette obsession pour le 7-Eleven, c’est que mes enfants ne disent jamais non à une visite. À Chiang Mai, lorsque je propose d’aller flâner dans un marché nocturne à la recherche d’artisanat sympa, ils me traitent de « ringarde » et me disent qu’ils préfèrent explorer seuls. C’est une énergie typiquement adolescente. Mais dès que j’insiste pour qu’on fasse un arrêt dans un 7-Eleven, ils acceptent volontiers. Nous y entrons en famille. Il n’y a pas de négociations ni de roulement des yeux.

Nous passons près d’une heure à explorer les rayons. Les garçons remplissent leur sac de snacks épicés aux algues ou de biscuits parfumés au thé thaïlandais. Quant à moi, j’achète des produits recommandés par les influenceuses beauté qui inondent mon fil Instagram, comme le Protecteur UV Clear Nose, les masques Rojukiss, ou encore le gommage pour lèvres à la noix de coco Soft.

Le magasin est en pleine effervescence à 22h30 un samedi soir. On y voit des ballons colorés orange et verts, des jeunes filles en crop-top rigolant dans la section des snacks, ainsi qu’un couple de personnes âgées dans la file, tenant des boîtes de haricots en conserve et du dentifrice.

C’est un endroit dans lequel nous aimons tous revenir, de jour comme de nuit, simplement pour une petite dose de plaisir — que ce soit food ou cosmétique. « Je vais regretter le 7-Eleven, » soupire-je. « C’est ma deuxième maison, » plaisante mon fils de 16 ans. Un mini-supermarché, une pharmacie, un café, une boutique de produits sains, un lieu de rencontre : tout à la fois. Malheureusement, rien de comparable ne se trouve au Canada.

Laurence Gauthier

Laurence Gauthier

Je m'appelle Laurence Gauthier, rédactrice au sein de Montréal Express. Curieuse du monde qui m'entoure, j’écris sur les enjeux sociaux, l’environnement et la vie citoyenne au Canada. Mon objectif : offrir une information accessible, engagée et ancrée dans le réel.