Une nouvelle ligne de train à grande vitesse au Canada : jusqu’à 25 trains par jour pour encourager l’abandon de la voiture
Des projets ambitieux pour le futur réseau ferroviaire rapide du Canada ont été annoncés, avec pour objectif de rendre le service suffisamment attrayant pour que les voyageurs préfèrent le train à la voiture. Selon Martin Imbleau, président d’Alto, jusqu’à 25 trains par jour circuleront sur cette nouvelle ligne à grande vitesse, permettant ainsi de répondre à la demande croissante de mobilité rapide et fiable entre différentes régions du pays.
Le dirigeant s’est exprimé lundi lors d’une réunion de la Chambre de commerce d’Ottawa en promettant que, dès l’ouverture de la première étape du projet, prévu pour les années 2030, le service sera fréquent et fiable. Il a notamment souligné l’importance d’une fréquence de passage toutes les 30 minutes, quel que soit le temps, offrant ainsi une flexibilité aux voyageurs pour planifier leurs déplacements, que ce soit pour des réunions matinales ou des visites en famille en soirée.
Actuellement, VIA Rail exploite cinq aller-retours quotidiens entre Ottawa et Montréal. Imbleau insiste sur le fait que pour que ce nouveau tracé soit un succès, la ligne doit être à la fois régulière et de haute qualité. Selon lui, l’offre génère la demande : lorsque le service est pratique, rapide et fiable, les gens abandonnent leur voiture pour le train. Il précise que chaque train sera conçu pour offrir du confort et de l’efficacité, car il pense que le voyage doit aussi faire partie de l’expérience de transport.
Une connexion entre plusieurs grandes villes canadiennes
Montreal, Laval et Ottawa seront les trois premières localisations connectées par cette nouvelle ligne, qui finira par relier Toronto, Peterborough, Trois-Rivières et Québec. Pour rendre cette offre plus attractive, des trains express seront mis en place entre les plus grandes villes afin d’inciter les passagers à privilégier le train plutôt que l’avion ou la voiture, selon la vision d’Imbleau. Les responsables du projet promettent de réduire de moitié le temps de trajet grâce à des trains électriques pouvant atteindre plus de 300 kilomètres à l’heure. Cela permettrait de faire passer le temps de voyage entre Ottawa et Toronto à deux heures, et entre Montréal et Toronto à trois heures.
Imbleau, qui est basé à Montréal, partage ses habitudes personnelles, précisant qu’il doit actuellement prendre l’avion pour Toronto pour ses réunions ou conduire jusqu’à Ottawa. La réalisation de cette ligne pourrait changer sa façon de voyager, en rendant certains déplacements plus rapides et plus confortables.
Un projet financé mais aux coûts élevés
Aujourd’hui, 96 % de l’activité de VIA Rail se concentre sur le corridor reliant Québec à Windsor. Bien que ce réseau enregistre plus de quatre millions de voyages annuels, chaque passager y coûte en moyenne environ 45 dollars en subventions, selon le dernier rapport annuel de VIA. Imbleau souligne que, même si le coût total du projet est estimé entre 60 et 90 milliards de dollars, il ne sera pas entièrement financé par les recettes. En revanche, il affirme qu’avec un nombre suffisant de voyageurs, les coûts d’exploitation pourraient être couverts sans aide financière gouvernementale. L’objectif d’Alto est d’atteindre 24 millions de trajets d’ici 2055 sur cette ligne à haute vitesse.
Le président d’Alto prend l’exemple du système ferroviaire à grande vitesse en Espagne, reliant Barcelone et Madrid, considéré comme une réussite. Il indique que 30 % des trajets sur cette ligne sont effectués par des voyageurs qui n’utilisaient pas le train avant l’introduction de ce service rapide.
Une étape importante dans le développement du réseau ferroviaire canadien
L’année dernière, le projet a été confié à l’Office des grands projets avec la possibilité d’être désigné comme un projet structurant pour la nation. Grâce à un financement dédié, toutes les études de conception nécessaires ont pu être entreprises. En décembre, la section Ottawa-Montréal a été annoncée comme la première partie à avancer, marquant ainsi une étape cruciale dans la réalisation de la ligne.
Imbleau prévoit que l’année 2026 sera principalement consacrée aux consultations publiques et aux études de faisabilité, mais que l’ensemble de l’alignement sera défini d’ici la fin de l’année. Ensuite, il faudra compter deux années supplémentaires pour la construction. La procédure des appels d’offres pourrait commencer en 2029, avec une mise en service complète prévue pour 2030. La première étape du projet est estimée à un durée de sept ans pour son achèvement.
Un projet économique et stratégique pour le Canada
Selon Imbleau, cette initiative apportera également un coup de pouce notable au produit intérieur brut du pays, qualifiant ce projet de « véritable arme de construction massive ». Il explique que dans sa première phase, la ligne nécessitera des milliers de tonnes d’acier et de béton, ainsi que d’importantes quantités de cuivre et d’aluminium.
Le gouvernement a également autorisé Alto à exercer des pouvoirs d’expropriation afin de rassembler les terrains nécessaires à la réalisation du tracé. Toutefois, Imbleau espère que des accords mutuellement avantageux seront négociés avec les propriétaires fonciers affectés par le projet.
Ce nouveau réseau à grande vitesse, une fois opérationnel, pourrait transformer la manière dont les Canadiens se déplacent, en offrant une alternative rapide, écologique et efficace pour relier les principales villes du pays.





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