Immobilier

Les charges de développement peuvent freiner l’accession à la propriété : comment un groupe immobilier en Ontario souhaite améliorer le système

Les taux d’intérêt ont diminué et l’inflation commence à ralentir, mais la propriété d’une maison demeure encore inaccessible pour de nombreux Ontariens. Une nouvelle étude menée par l’Association immobilière de l’Ontario (OREA) révèle qu nearly la moitié des futurs propriétaires ont abandonné l’idée de posséder un jour une résidence (25 %) ou font preuve de pessimisme quant à cette possibilité (24 %).

Selon OREA, cette étude montre que, en général, les Ontariens ne partagent pas l’idée que « la croissance finance la croissance ». Ils remettent notamment en question le financement des nouvelles infrastructures résidentielles par le biais des taxes de développement, qu’ils considèrent comme un obstacle plutôt qu’une solution.

Selon l’OREA, une majorité d’Ontariens (51 %) s’attendent à voir les prix de l’immobilier augmenter au cours de l’année à venir. Malgré un plan gouvernemental visant à construire 1,5 million de nouvelles habitations d’ici 2031, les données provinciales rapportées par la CBC l’automne dernier indiquaient que la province était en passe de manquer son objectif de 125 000 nouvelles constructions en 2024, avec seulement 87 900 commencements de logements enregistrés l’année précédente.

Réduction des taxes de développement

Pour encourager la construction de logements et faire baisser le coût final pour les acheteurs, l’OREA a lancé une campagne pour réduire les taxes de développement municipales. Ces frais, payés par les promoteurs immobiliers, sont répercutés sur les acheteurs et couvrent divers investissements, allant de l’extension des réseaux d’eau et d’assainissement à l’installation de trottoirs et d’installations récréatives.

Selon l’étude, trois quarts des répondants soutiennent fortement une diminution de ces taxes, et 72 % seraient favorables à ce que le gouvernement provincial fixe des plafonds pour ces frais.

« Les Ontariens pensent que la responsabilité du financement des infrastructures doit principalement incomber soit au gouvernement provincial (41 %), soit à la municipalité (25 %), plutôt qu’aux nouveaux acheteurs », a précisé l’OREA dans son communiqué.

L’OREA fait pression sur le gouvernement provincial

Le président de l’OREA, Rick Kedzior, a indiqué que cette association de promoteurs et agents immobiliers faisait depuis 2019 pression auprès du gouvernement pour réduire les taxes de développement.

« La propriété d’un logement constitue une étape importante pour de nombreux Ontariens. Malheureusement, des coûts prohibitifs comme les taxes de développement viennent alourdir le prix des maisons, rendant l’objectif de devenir propriétaire de plus en plus difficile à atteindre », a-t-il déclaré.

Propositions de modification de la politique

L’OREA a formulé plusieurs recommandations politiques à l’attention du gouvernement provincial qui pourraient simplifier la construction de nouvelles maisons et favoriser l’accessibilité, sans faire peser le fardeau sur le consommateur final. Voici les principales propositions :

  • Mettre fin aux zones excluant certains types de constructions dans tout la province, afin de permettre la construction de plus de logements.
  • Permettre la fourniture de services d’eau et d’assainissement par des sociétés municipales, en amortissant le coût sur la base des abonnés plutôt que via des taxes de développement.
  • Augmenter la densité le long des lignes de transport en commun en valorisant la conversion de locaux commerciaux en logements résidentiels, ce qui permettrait d’économiser du temps et de l’argent dans les déplacements des Ontariens.

« Nous devons éliminer les obstacles qui empêchent les Ontariens d’accéder au marché immobilier en supprimant les réglementations superflues et les coûts qui font grimper les prix des maisons et ralentissent tout le processus de construction », a affirmé Kedzior.

« La mise en œuvre de politiques favorables à la propriété, qui répondent aux besoins en infrastructures des municipalités tout en encourageant la construction de nouveaux logements, constitue la meilleure voie pour résoudre la crise du logement. »

L’intégralité de l’enquête de l’OREA est accessible en ligne.

Laurence Gauthier

Laurence Gauthier

Je m'appelle Laurence Gauthier, rédactrice au sein de Montréal Express. Curieuse du monde qui m'entoure, j’écris sur les enjeux sociaux, l’environnement et la vie citoyenne au Canada. Mon objectif : offrir une information accessible, engagée et ancrée dans le réel.