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Membre de l’équipage au sol accidentellement piégé dans la soute à bagages d’un avion d’Air Canada au terminal Pearson

Un membre de l’équipe au sol s’est retrouvé « involontairement » coincé dans le soute d’un avion d’Air Canada qui décollait le mois dernier, selon les déclarations de la compagnie aérienne. Cet incident s’est produit lors du vol AC1502 opérant entre Toronto, à l’aéroport Pearson, et Moncton, au Nouveau-Brunswick, le 13 décembre dernier. Air Canada a indiqué que les portes de la soute de l’appareil ont été « involontairement fermées » alors qu’un employé au sol se trouvait encore à l’intérieur.

Selon un communiqué fourni au journal The Star, la compagnie aérienne a expliqué qu’à la suite de la découverte de la situation, l’avion a été ramené aux portes de l’aéroport afin d’ouvrir la soute et permettre à l’employé de sortir en toute sécurité. Air Canada a précisé qu’aucune blessure n’avait été rapportée à la suite de cet incident. Bien que ce genre de situation soit rare, elle n’est pas impossible, souligne John Gradek, professeur en gestion des réseaux d’approvisionnement et en gestion de l’aviation à l’Université McGill.

« Cela ne se produit généralement qu’une ou deux fois par année, quelque part dans le monde », a confié Gradek. Il a également souligné que cet incident révèle des défaillances dans les processus établis par l’aéroport, la compagnie aérienne ou les entreprises tierces chargées de la manutention, qui doivent pourtant respecter des politiques très strictes.

## La rareté de ce type d’incident

L’expert insiste en précisant que laisser un membre d’équipage coincé dans la soute d’un avion est une situation exceptionnelle. « Cela arrive rarement, peut-être une ou deux fois par an quelque part dans le monde », précisait-il. Il ajoute que ce genre de problème résulte souvent de défaillances dans la gestion des procédures par les opérateurs ou le personnel au sol.

Des témoins et des publications sur les réseaux sociaux rapportent que les passagers du vol AC1502 ont entendu des bruits de claquements et des cris venant de l’intérieur de l’appareil lorsque celui-ci commençait son roulage en vue du décollage. Certains passagers ont même alerté le personnel à bord de l’avion, cap sur le vacarme inhabituel.

Gradek explique que l’employé bloqué aurait probablement crié à tue-tête et frappé le plafond de la soute — qui correspond en réalité au plancher de la cabine — pour attirer l’attention des occupants de l’avion malgré le bruit de la manœuvre de roulage.

« Je suppose que cette personne a dû vivre une situation traumatisante. Ce n’est pas habituel lors d’un vol », a-t-il déclaré.

## La communication des pilotes et la réaction des passagers

Une vidéo virale sur les réseaux sociaux montre le pilote de l’avion annonçant à l’ensemble des passagers ce qui avait retardé leur départ. On peut entendre le pilote déclarer : « Je n’ai jamais connu ça dans ma vie, c’est la première fois, j’espère aussi la dernière. » Il poursuit en rassurant : « La bonne nouvelle, c’est que la personne va bien et est en sécurité. »

Les passagers présents à bord peuvent être entendus rire, sans doute sous le choc, tandis que le pilote plaisante en mentionnant le surplus de paperasse à gérer à cause de cet incident, avec quelques applaudissements dispersés à l’annonce que l’employé est sain et sauf.

Keith Mackey, ancien commandant de ligne à la retraite et consultant en sécurité aérienne, explique à The Star que pour un avion de plus grande taille, comme celui de la flotte Air Canada Rouge impliqué ici, la soute à bagages est chauffée et pressurisée comme le reste de l’appareil.

« Ce ne sera pas très confortable ni amusant, il fera sombre, mais la personne ne mourra pas parce qu’elle est enfermée dans la soute », précise Mackey.

## Incidents similaires dans le passé

Cependant, d’autres incidents similaires, dans différentes parties du monde, ont connu des situations beaucoup plus graves. Gradek évoque notamment le cas d’un manutentionnaire de Turkish Airlines, en mars 2025, qui aurait été coincé dans la soute d’un avion à haute altitude pendant une heure, dans un environnement glacé atteignant -25 °C. Selon certains témoignages, cet homme a frôlé la gelure aux deux jambes en raison du froid extrême.

Il précise que la responsabilité de la vérification et de la supervision revient probablement à l’agent de station principal, chargé de superviser le personnel et de s’assurer que tous les bagages sont correctement placés dans la soute, certains employés étant amenés à ramper dans cet espace confined.

« On forme ces employés à faire leur travail selon la procédure. La responsabilité incombe à eux et à leur formation », explique Gradek.

## La suite de l’enquête et les mesures à prendre

L’avion du vol AC1502 a finalement été annulé en raison des modifications nécessaires après la découverte de la présence d’une personne dans la soute. Une enquête est en cours pour déterminer les causes exactes de cet incident, a informé Air Canada.

Gradek insiste sur le fait que l’enquête devrait être menée par une tierce partie indépendante, et que ses résultats doivent être rendus publics afin d’assurer une responsabilisation.

« Je pense qu’il s’agit d’un échec des pratiques de travail à l’aéroport ainsi que de la gestion de la sécurité et de la sûreté autour de cet avion. Il est crucial que cet incident fasse l’objet d’une investigation approfondie », a-t-il conclu.

Laurence Gauthier

Laurence Gauthier

Je m'appelle Laurence Gauthier, rédactrice au sein de Montréal Express. Curieuse du monde qui m'entoure, j’écris sur les enjeux sociaux, l’environnement et la vie citoyenne au Canada. Mon objectif : offrir une information accessible, engagée et ancrée dans le réel.